« Ne jamais cesser de rêver, de croire, d’imaginer sa réussite, sa victoire, son succès. Le rêve est la seule chose qu’on ne peut vous enlever. »

Rootencial a rencontré Eloy Edu Nkene. Né en Guinée Equatoriale, il a suivi les traces de sa mère et de sa jeune soeur Leticia et a migré en Espagne en 1998  dans l’espoir d’une vie meilleure. Il avait alors 14 ans.

Ses rêves ont toujours été les mêmes : devenir footballeur. C’est seulement à son arrivée en Espagne qu’il entrevit la possibilité de vivre de sa passion.

« C’est seulement l’année dernière, alors que je fêtais mes 31 ans, que mon moment est venu. Y croire, s’acharner, sa battre… »

Il nous explique que c’est seulement l’année dernière que le vent a tourné en sa faveur. Aujourd’hui, il joue dans la première division de ST Andres FC à Malte, et il parle de cette opportunité comme de son plus grand accomplissement. Il nous parle aussi de sa fierté d’avoir été le meilleur défenseur de Villaverde FC en 2014-2015, de ses débuts au sein de l’équipe guinéenne et de sa qualification pour la Coupe du Monde lors du match contre le Maroc, puis lors d’un match contre le Mali pendant la Coupe d’Afrique des nations.

« C’est impossible de se donner entièrement à cette discipline. J’ai toujours été un joueur amateur. Il faut pouvoir concilier l’entraînement avec un métier permettant de gagner sa vie. Par exemple, travailler le matin et réserver les après-midi aux entraînements, et les week-ends aux matchs. »

Il a suivi une formation d’électricien en Espagne, mais admet aisément qu’il a poursuivi cette voie pour faire plaisir à sa famille, et que plus il étudiait, moins il aimait ce métier. Sa passion pour le football en revanche a toujours fait partie de sa vie, et peu importe les études qu’il poursuivait ou les emplois qu’il acceptait pour gagner sa vie.

Heureusement, un jour il découvrit un métier pour lequel il était prêt à étudier avec passion : coach. Il se lança donc dans une formation pour devenir entraîneur de football, dans l’espoir d’exercer en tant que tel une fois sa carrière de footballeur professionnel terminée.

Eloy a conscience des obstacles qu’il a rencontrés au cours de sa carrière de footballeur, mais ses origines n’en font définitivement pas partie. En revanche, les tentations que lui renvoyaient parfois sa famille, ses amis ou son entourage, étaient pour lui des obstacles bien plus grands.

« Je n’ai jamais bu une seule goutte d’alcool. Je n’ai jamais fumé une seule cigarette. Beaucoup de mes amis cependant buvaient et fumaient. J’ai lutté pour ne pas succomber à la tentation. Je tenais à donner le meilleur de moi-même, même si je risquais de ne jamais atteindre le top niveau. »

Il explique également que le plus difficile dans tout ça c’est de garder la tête froide, de ne pas se laisser perturber par les difficultés et les obstacles.

« Si tu es faible tu peux être battu. Au contraire, si tu es fort, tu ne rejoindras jamais le club des perdants et des défaitistes. »

« Ce n’est pas tes pas qui te mèneront là où tu veux arriver, mais la chance ou le destin. Ce n’est pas comme si tu pouvais dire “je vais me donner à fond et ça va marcher” […] Il y a de nombreuses barrières dans le monde du football. […] Beaucoup de mes amis d’enfance ne jouent plus, mais j’ai persisté car j’étais convaincu qu’un jour, j’allais y arriver. »

Eloy admet que la chance joue un rôle majeur lorsqu’on veut devenir footballeur professionnel. Il explique que beaucoup de bons joueurs ne sont pas sélectionnés, et qu’il faut surmonter de nombreuses barrières avant de pouvoir se donner pleinement à cette discipline, comme par exemple celle de trouver un bon représentant. Comme dans beaucoup d’autres disciplines, le fait de rester en forme et d’éviter les blessures repose sur beaucoup de sacrifices et sur la chance. Pour y parvenir, il prend soin de son corps, évite la cigarette et l’alcool.

Eloy insiste lourdement sur la nécessité de faire des sacrifices, d’être déterminé et d’avoir confiance en soi pour réussir dans cette discipline. C’est animé par ces trois éléments qu’il est parvenu à surmonter les différents obstacles qui se présentaient à lui alors même qu’il pousuivait son rêve.

 

« C’est dur d’accepter le fait que tu aurais pu y arriver, mais que tu n’y es pas parvenu. C’est peut-être même plus difficile de réussir en Espagne car les standards y sont plus élevés. »

Son expérience lui a cependant prouvé que c’était encore plus difficile de jouer en Espagne. N’ayant pas la nationalité espagnole, et n’ayant pas eu l’occasion de jouer pendant cinq années consécutives lorsqu’il avait 18 ans, beaucoup d’opportunités lui sont passées sous le nez. Cependant il a suivi sa philosophie. “Fais ce que tu as à faire pour gagner ta vie et concentre toi sur ta passion tous les soirs,” Ainsi, il parvint à intégrer l’équipe nationale de Guinée Equatoriale et en est particulièrement fier.

« J’étais fier de jouer dans l’équipe nationale. J’en avais toujours rêvé et le fait de savoir que ma famille me regardait m’emplissait de fierté. C’est une vraie réussite que de pouvoir représenter son pays. Voir tous ces guinéens dans le stade est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées au cours de ma carrière de footballeur. »

Eloy est un exemple de persévérance et de conviction. Il invite toutes les personnes à la poursuite d’un rêve à :

« Ne jamais cesser de rêver, de croire, d’imaginer sa réussite, sa victoire, son succès. Le rêve est la seule chose qu’on ne peut vous enlever. »

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