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Du potentiel illimité: Lucía Asué Mbomio Rubio

Rootencial a rencontré Lucia Asué Mbomio Rubio, journaliste télé polyvalente et activiste. Lucia est née en 1981 à Madrid, de parents Guinéo-équatoriens et Espagnols.

Elle se découvrit pour la première fois sa passion encore enfant. Lorsqu’elle était petite, elle dévorait les livres que son père, professeur, lui donnait, esquissant ainsi les prémisses de son envie de devenir journaliste.

Son rêve se réalisa: Lucia a une carrière florissante à la télé espagnole, elle travaille comme reporter dans des programmes comme« Ici sur Terre », « Sur la Terre de Personne » et « Españoles en el mundo » (Espagnols Autour du Monde » en français).

« Je suis une lectrice insatiable. Enfant, je dévorais tous les livres qui me passaient entre les mains » 

Elle est également contributrice dans des revues en ligne telles que Afroféminas et « Radio Melanina » et elle a récemment publié son premier roman « Las que se atrevieron » – « Ceux Qui Osent » en français. “« Je suis une lectrice insatiable. Enfant, je dévorais tous les livres qui me passaient entre les mains » raconte Lucia en souriant.

Du potentiel illimité: Lucía Asué Mbomio Rubio

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Âgée de 18 ans, Lucia commence ses études à l’Ecole des Sciences de l’Information à l’Université Complutense de Madrid, s’intéressant au journalisme. Lucia tient à préciser que la Complutense était la seule université de la ville à offrir ce diplôme. Par conséquent l’admission au programme était très rude. Lucia veut ainsi mettre en avant le fait qu’elle a toujours dû aller au-delà de ses limites et étudier durement pour atteindre ses objectifs.

Mais comme le souligne Lucia, les bonnes notes, cela ne fait pas tout. L’on doit aussi être prêt à gagner en expérience, à travailler sans être rémunéré, à surmonter sa timidité et ses peurs, à s’investir dans des projets personnels et à faire face à des défis quotidiennement. Le paysage du journalisme en Espagne aujourd’hui est particulièrement difficile, sachant que beaucoup de personnes y deviennent journalistes sans diplôme préalable.

 « La télé est son propre univers. Elle peut paraître superficiel mais derrière les caméras on peut découvrir les développements du monde autour de nous et apprendre des personnes que l’on interroge »

Après avoir obtenu sa licence à l’Université de Complutense, Lucia commence un master en coopération internationale et développement. Elle espérait ainsi s’ouvrir les portes d’horizons internationaux.

Lucia reconnaît qu’elle a été très chanceuse : très rapidement elle a l’opportunité d’utiliser ses compétences dans des organisations non gouvernementales, puis en tant que journaliste télé chez Madrid Directo, travaillant sur l’actualité.

Cette première opportunité professionnelle lui permit de s’immerger dans le monde de la télévision et d’en voir les avantages et les inconvénients.

« Le meilleur journaliste n’est pas celui qui pose les meilleures questions, mais celui qui s’entend le mieux avec les personnes qu’il interroge »

L’imprévisibilité est l’un des principaux défis auxquels Lucia est confrontée dans son métier. Des événements impromptus peuvent vous mettre en doute, peu importe votre niveau d’ancienneté, et ce indépendamment de votre niveau d’expérience. Beaucoup de choses sont au-delà de votre contrôle. Vous dépendez fortement de la personne que vous interviewez, le contexte et l’environnement peuvent être plus hostiles que vous ne l’auriez imaginé, les personnes avec qui vous vous entretenez peuvent ne pas avoir envie d’être interviewées.

« Le meilleur journaliste n’est pas celui qui pose les meilleures questions, mais celui qui s’entend le mieux avec les personnes qu’il interroge » raconte Lucia et ajoute que la choses les plus essentielles dans le métier sont de laisser de cote son égo, faire preuve d’humilité et de ne pas se laisser manipuler.

En tant que jeune femme métis, Lucia raconte que son héritage socio-culturel et sa race ont profondément marqué sa carrière, sans que cela ne l’empêche de trouver du travail. Lucia laisse entendre que depuis qu’elle a commencé sa carrière, elle n’a jamais eu de difficulté à être embauchée. Mais elle insiste sur le fait que l’Espagne d’aujourd’hui n’est pas très diversifiée culturellement, en comparaison à d’autres pays. De fait, les Espagnols caucasiens y sont mieux représentés et les choses sont souvent plus simples pour eux. Elle attire également notre attention sur le fait qu’il y a très peu d’étudiants en journalisme noirs, ce qui explique peut-être la sous-représentation des personnes de couleur noire dans ce secteur.

Lucia est satisfaite de son parcours professionnel : ce dernier lui a permis de se rendre dans plus de 40 pays et d’apprendre des choses nouvelles chaque jour. Chaque personne qu’elle rencontre et qu’elle interviewe lui apporte un savoir et une expérience nouveaux et diversifiés. Lucia est très satisfaite de son travail sachant qu’il l’amène à constituer une source d’information utile en société.

Lucia est particulièrement satisfaite d’un documentaire sur lequel elle a travaillé en 2007, mettant en lumière le plus grand campement illégal en Europe aujourd’hui à Canada Real à Madrid. Tout le long du tournage, elle était convaincue que son documentaire serait utile, ce qui la motivait fortement.

« J’ai tant aimé ce que je faisais et je croyais que cela pourrait être utile; que cela a valu la peine »

Lucia fut particulièrement fière lorsque, huit ans après la fin du tournage sur le Canada Real, l’université de Pennsylvanie lui demanda de mener un projet de recherche. Cela était comme une confirmation de source externe que tout le temps et les efforts qu’elle avait consacrés au documentaire n’étaient pas vains.

En dépit de tout ce qu’elle a accompli, Lucia conserve des doutes sur l’usage du mot réussite pour décrire son propre parcours. Typiquement la réussite est vue comme un triomphe, ou est synonyme de grand accomplissement. Mais pour Lucia, le succès se voit dans votre capacité à être et à faire ce que vous voulez, à accomplir les buts que vous vous fixez vous-même, et à être flexible et préparé quant aux déceptions possibles en toujours ayant un plan B.

Lucia reconnaît qu’elle a dû être désintéressée pour arriver à ses fins, travaillant jour et nuit sans repos à différentes occasions. Cependant, elle souligne que travailler dur ne constitue qu’une partie du parcours, il faut aussi savoir accepter la responsabilité qu’est d’étudier, de s’entrainer, et de toujours se battre pour atteindre ses objectifs. Vous ne pouvez jamais atteindre votre but si vous ne fournissez pas constamment des efforts. Poursuivant sur sa lancée, Lucia conclut avec le message suivant :

« Etudiez ce que vous pouvez, croyez en vous, et faites juste ce que vous avez à faire ! »

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