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L’Afrique au bout des oreilles : Mohéna Diwouta

Rootencial a rencontré la très souriante Mohéna DIWOUTA, créatrice de bijoux d’inspiration africaine qu’elle commercialise sous la marque OHEA, l’entreprise qu’elle a créée en juin 2011 alors même qu’elle était salariée à temps plein en tant qu’attachée de presse dans une agence parisienne.

Bien qu’elle soit née et qu’elle ait passé son enfance au Cameroun, Mohéna a des origines qui dépasse les frontières de ce pays. Elle est non seulement camerounaise, mais aussi gabonaise et française. C’est ce qui explique selon elle sa passion pour les couleurs de l’Afrique qu’elle retranscrit si bien dans ses bijoux.

Mohéna nous explique qu’elle trouve son inspiration dans tout ce qui est ethnique, dans ses voyages, dans les plaisirs simples ou encore dans les choses du quotidien les plus banales voire les plus improbables. Un simple poteau vu dans la rue peut embraser son esprit créatif !

J’ai fait des études de communication, mais en parallèle j’ai toujours eu l’envie de pouvoir monter ma propre marque. 

Quant à son goût pour les bijoux et plus particulièrement pour les boucles d’oreilles, elle le doit à sa mère. En effet, dès ses 3 ans, cette dernière lui met dans les mains des pinceaux et des feutres et ouvre ainsi les portes de la créativité à sa fille. Mohéna s’intéresse ensuite au tissage et aux perles qu’elle transforme en animaux luisants. A 15 ans à peine, elle anime des ateliers manuels en crèche et transmet ainsi sa passion aux plus jeunes.

Mohéna explique que c’est fondamental d’être soutenu par ses proches dans la démarche entrepreneuriale. En effet, c’est une période de doute pendant laquelle le créateur doit garder confiance en lui malgré les difficultés qu’il rencontre et surtout pendant laquelle il doit maintenir cette passion qui le pousse à devenir une « business person ». Malgré les premières réticences de la part de ses parents, ces derniers l’ont beaucoup soutenu dans son projet et c’est ce qui a fait la différence. Lorsque son père lui a demandé de lui présenter son business plan, pour elle l’aventure était lancée.

On peut être très fort tout seul, mais avoir des gens autour qui vous rassurent et qui vous suivent, ça fait la différence. 

Selon elle, beaucoup ne se lancent pas par peur d’échouer, alors même que cela pourrait changer leur vie. Il est évidemment possible d’étaler les risques, d’entreprendre par étapes, mais elle estime que dans ce cas il ne faut jamais baisser les bras et surtout ne jamais perdre sa folie malgré les obstacles inhérents à la création entrepreneuriale.

Pendant près de 5 ans, Mohéna a jonglé entre son emploi d’attachée de presse et ses activités de créatrice de bijoux en autoentrepreneure. D’événements en boutiques éphémères, elle présente ses créations qui suscitent l’intérêt de clients toujours plus nombreux, et elle se démarque de concurrents toujours plus nombreux eux aussi de par son métissage qui a toujours été bien accueilli.

Avoir un double emploi, ça c’était mon premier défi. C’était de pouvoir canaliser ma passion, ne pas m’éparpiller et pouvoir gérer en même temps mon boulot, gérer la fatigue et me dire « je le fais » même dans les moments difficiles.

Bien que la communauté africaine ait été sa première cible, ses bijoux plaisent à un public toujours plus large, ce qui alimente ses ambitions de croissance. Mohéna explique que « Le fait d’être moi-même métisse, c’est une richesse pour moi aujourd’hui. J’arrive à faire du mix-match dans mes créations. La touche afro c’est mon plus ! » Elle aimerait aujourd’hui lever les fonds nécessaires afin de transformer son autoentreprise en société commerciale en tant que telle. Et ce n’est pas l’inspiration qui lui manque !

La réussite pour moi, qu’importe l’échelle, c’est la satisfaction de ce qu’on a accompli.

Ça peut très bien être le petit gâteau qu’on va faire pour l’anniversaire de sa sœur. La réussite c’est un accomplissement, quel qu’il soit… 

Ne pas lâcher prise. Jamais. Même dans les périodes de doute. Ne pas avoir peur de donner, d’être généreux.

Ne pas être faux, mais ne pas oublier d’avoir les crocs, d’avoir la niaque tout le temps ! Il faut avoir du culot ! 

C’est sur une note on ne peut plus positive à destination de tous les rêveurs et à tous les entrepreneurs en devenir que Mohéna conclut notre entretien et cite Oscar Wilde : « il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ».